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Vos droits d’utilisation des photos se décident au devis, pas après

Supports, durée, territoire : ce que vous pourrez faire de vos photos et vidéos se fixe avant le tournage. Sans ces trois lignes au devis, vous payez une production que vous n’aurez pas toujours le droit de diffuser.

Une équipe de tournage réunie autour d’une caméra, de nuit, en extérieur.
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Photo Huong Do · Unsplash

Sur un devis de photo ou de vidéo, la ligne qui compte n’est pas le nombre de jours de tournage : c’est celle qui dit ce que vous aurez le droit de faire des images. Les droits d’utilisation des photos se transfèrent par contrat, et rien d’autre ne les transfère — ni la facture payée, ni la remise des fichiers. L’Institut Fédéral de la Propriété Intellectuelle est explicite là-dessus : les accords sur l’usage d’images réalisées par un tiers doivent toujours être établis par écrit, et un simple courriel de confirmation suffit comme preuve.

Trois dimensions à fixer avant le tournage

Sur quels supports : site, réseaux sociaux, campagnes payantes, presse, affichage, packaging, salon. Pour combien de temps : deux ans, cinq ans, sans limite. Et sur quel territoire : Suisse, Europe, monde. Ces trois lignes décident de tout le reste, et un prestataire sérieux les écrit de lui-même. Quand elles manquent, ce n’est pas un oubli de forme : c’est que la question n’a pas été posée, et vous la découvrirez le jour où vous voudrez réutiliser les images ailleurs.

Deux points s’y ajoutent, souvent oubliés. Le droit de modifier, d’abord : recadrer en vertical, retoucher, sous-titrer, extraire une image d’une vidéo. Le droit de sous-licencier, ensuite : votre revendeur, votre franchisé ou votre client final peuvent-ils diffuser ces images à leur tour ? Une réponse écrite vaut mieux qu’une discussion tendue dans dix-huit mois.

Vous ne payez pas une journée, vous payez un usage

C’est ce qui surprend le plus les entreprises qui commandent leur première production : le même tournage ne coûte pas le même prix selon ce qu’on en fait. Une campagne d’affichage nationale pendant cinq ans n’a rien à voir avec un usage site et réseaux pendant deux ans, et la différence se lit dans le devis, pas dans le travail fourni.

Le réflexe défensif — exiger tous droits, monde entier, durée illimitée — fait monter la note sans rien vous apporter si vous n’en avez pas l’usage. Décidez d’abord ce que vous allez réellement diffuser, puis négociez cette étendue-là. Et gardez la possibilité d’élargir plus tard : une extension de droits se rachète, alors qu’un tournage se refait.

Les personnes visibles à l’image ont leur mot à dire

Les droits du photographe ne sont pas les seuls en jeu. Toute personne reconnaissable sur une image doit consentir à sa création et à son usage, collaborateurs compris, et ce consentement se recueille par écrit le jour même — pas par message quelques mois plus tard. Un collaborateur peut aussi revenir sur son accord, ce qui rend imprudent de bâtir une page entière sur le visage d’une seule personne.

La règle vaut également pour les images prises par vos propres équipes : elles restent celles de qui les a faites tant qu’un accord écrit ne fixe pas leur usage, sa durée et son périmètre. C’est une conversation de dix minutes, à avoir une fois, pas un contrat de vingt pages.

Une vidéo empile plusieurs droits, et la musique est le plus piégeux

Un film additionne des images, une voix, parfois des archives, et une bande-son. Chacun de ces éléments a ses propres conditions. La musique est celle qui bloque le plus souvent : une piste couverte pour une vidéo interne ne l’est pas pour une campagne payante, et les plateformes repèrent les titres automatiquement, sans discuter. Demandez donc la licence, pas seulement le fichier — un nom de morceau et une facture ne prouvent rien. Le même raisonnement vaut pour une image d’archive, une œuvre visible dans le champ ou un lieu privé où vous tournez : chacun ajoute une autorisation à obtenir avant le tournage, jamais après.

Les droits d’utilisation des photos tiennent en cinq lignes

Cinq lignes suffisent : supports, durée, territoire, droit de modification, sous-licence. C’est ce que nous fixons avant le tournage dans le pôle Production, au moment où ces conditions se négocient encore. La logique est exactement celle de la licence d’une police de caractères : ce qui vous engage n’est pas le fichier que vous détenez, c’est le contrat qui dit ce que vous pouvez en faire.

Une image qu’on n’a plus le droit de diffuser n’est pas un problème juridique lointain : c’est une campagne à retirer, une page à repeupler, une journée de tournage à repayer. Ces cinq lignes coûtent un courriel.

Pôle 03 · Production

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